AMAP, Marché de producteurs, Épicerie associative, Supermarché coopératif, en quoi est-ce complémentaire ?

Qu’il s’agisse d’une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, d’un petit marché de producteurs locaux, d’une épicerie associative paysanne ou d’un supermarché coopératif de producteurs / agriculteurs, toutes ces démarches vont dans le même sens : le circuit court ! La création de structures qui font partie de l’Economie Sociale et Solidaire, dont les objectifs convergent vers une économie plus locale et plus saine pour tout le monde.

Des commerces COMPLÉMENTAIRES, qui selon nous ne se concurrencent pas. En effet, chacun dispose de sa propre « zone de chalandise », de ses avantages et de ses inconvénients. La diversité de ces « structures » permet au plus grand nombre de s’y retrouver et de pouvoir : consommer local, de saison, à un prix juste et en circuit court.

Pourquoi complémentaires ? Parce qu’il est possible pour 1 seule personne de contribuer à l’ensemble de ces commerces, sans mise en concurrence et ceux en fonction de son agenda personnel. Prenons un exemple simple, on peut : s’engager au sein d’une AMAP se situant entre son logement et son bureau pour ce qui est des produits frais, profiter du marché du dimanche matin pour discuter avec ses voisins tout en profitant de fromages frais ou du pain d’un boulanger BIO, aller à l’épicerie locale associative pour ce qui est de l’appoint et pour profiter du rayon « Epicerie fine« . Le tout en contribuant en tant que coopérateur au sein d’un supermarché coopératif et ainsi se fournir en produits d’hygiène ou de vie courante qui sont indisponibles dans les 3 autres structures.

Commençons par quelques définitions, qui permettront de replacer ces différents termes dans leur contexte :

AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne)

Les AMAP sont, comme leur nom l’indique, des associations à but non lucratif (loi 1901), dont l’objectif est de « préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture durable, c’est-à-dire une agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine. » Ces associations on fait partie des fer de lance du « consommer local » et des « circuits courts« .

C’est dans le coin d’Aubagne qu’a vue le jour la première AMAP en 2001 – « Les Olivades » a initié le fonctionnement de base de ces associations, à savoir la distribution de paniers sur une zone délimitée à des personnes s’étant engager à verser une certaine somme sur une certaine durée. Cet engagement du consommateur (ou comme ils étaient désignés à une certaine époque du « Consomm’acteur ») envers un producteur / agriculteur, est fort et permet d’assurer des revenus à l’agriculteur.

Il y avait eu en France des précédents avec une certaine forme d’AMAP au début des années 1990 avec les Jardins de Cocagne (chantiers d’insertion de personnes en difficulté par le maraîchage biologique), en 2015 on dénombrait 2000 AMAP. soit plus de 250 000 amapien-ne-s.

Marchés de producteurs / Marchés paysans

Le marché de producteur est une des formes les plus anciennes (avec la vente à la ferme) de vente en direct des producteurs au consommateur. Organisés 1 demi journée par semaine dans les villages, et plusieurs fois par semaine dans certaines grandes villes, ces marchés permettent au producteurs de venir vendre leur production en direct.

Attention : il ne faut pas confondre marché de producteur, avec les autres forme de « marché ». En effet, sur les marchés « classiques » un certain nombre de « commerçants » sont des revendeurs qui ne vendent pas leur production. C’est le cas par exemple d’un certain nombre de primeurs. Dans les grandes villes il existe des marchés de producteurs bien souvent différenciés par leur position sur un marché beaucoup plus grand. Il est donc parfois difficile de faire la différence entre un primeur et un producteur si on ne questionne pas les marchands.

Épicerie associative et paysanne

Une épicerie associative (parfois également épicerie paysanne) est une épicerie dont l’objectif n’est pas de faire du profit, mais d’être un point de vente à but non lucratif, permettant de vendre et de mettre en valeur les produits « paysans », de producteurs locaux. Ce type d’épicerie est à différencier d’une épicerie classique sous forme entrepreneuriale (société classique) puisque sur le fond beaucoup de choses les différencies, mais sur la forme ce n’est pas toujours visible.

L’Epicerie du Coing rentre dans cette catégorie. Elle s’engage ainsi à mettre en avant la production de ses fournisseurs et de les rémunérer sans négocier les prix. Ce type de commerce, comme tous les autres cités dans cet article, ne peuvent exister sans le soutiens et la participation active (en tant que client ou donateur) des consommateurs.

Supermarché coopératif

Depuis plusieurs années et depuis le documentaire nommé « Food Coop », en France comme ailleurs, de nombreuses structures se créées. Leur objectif ? Rassembler des personnes partageant une même vision autour d’un commerce qui leur appartiendrait à tou(te)s (en tant que coopérateurs). En France on retrouve deux types de supermarché coopératif :

  • Supermarché de producteurs : qui né le plus souvent de la rencontre de plusieurs producteurs / agriculteurs / éleveurs dans une zone géographique donnée,
  • Supermarché de consommateurs : qui est le plus souvent une combinaison d’une association et d’une coopérative de consommateurs désireux de construire un supermarché qui répond pleinement leurs attentes.

Les raisons de l’existence de ces supermarchés est bien entendu différente :

  • pour les premiers, il s’agit de pouvoir vendre en direct aux consommateurs, sans intermédiaires et de se regrouper pour y parvenir.
  • pour les seconds, il s’agit de se regrouper pour le plus souvent créer un commerce qui ressemble à une certaine vision, économiser de l’argent et du temps en évitant d’avoir à se partager entre plusieurs commerces pour réussir à composer son panier.

Dans les deux cas, la mutualisation des ressources et des moyens (temps homme) est prépondérante dans le choix de ce type de structure.

Vous l’aurez compris, des structures qui se complètent et qui se rejoignent dans leur mission lorsque leurs statuts juridiques rentre dans le cadre de l’ESS. La recherche de profit n’est pas prioritaire et les bénéfices servent à créer une activité économique vertueuse. Il s’agit de structures d’avenir à n’en pas douter. Elles existent un peu partout en France, et la balle est dans le camps du consommateur !